PAROLES SACREES-HAVAMAL-3

 

HAVAMAL

LES DITS DU TRES HAUT

RUNATTAL

(Dénombrement des Runes)

SUITE ET FIN

 

 

138. Je sais que je pendis

A l'arbre battu des vents

Neuf nuits pleines,

Navré d'une lance

Et donné à Odin

Moi-même à moi-même donné, -

A cet arbre

Dont nul ne sait

D'où proviennent les racines.

 

139. Pont de pain ne me remirent

Ni de coupes;

Je scrutai en dessous,

Je ramassai les runes,

Hurlant, les ramassai,

De là, retombai.

 

140. Neuf chants suprêmes

J'appris du fils renommé

De Bölthorn, père de Bestla,

Et je pus boire

Du précieux hydromel

Puisé dans Odredir.

 

141. Alors je me mis à germer

Et à savoir,

A croître et à prospérer, -

De parole à parole

La parole me menait,

D'acte en acte

L'acte me mentait.

 

142. Tu découvriras les Runes

Et les tables interprétées,

Très importantes tables,

Très puissantes tables

Que colora le sage suprême

Et que firent les puissances

Et que grava le Crieur des Dieux.

 

143. Odin parmi les Ases les grava

Pour les Alfes, ce fut Dainn

Dvalinn, pour les nains,

Asvid pour les géants,

J'en gravai moi-même quelques-unes.

 

144. Sais-tu comment il faut tailler?

Sais-tu comment il faut interpréter?

Sais-tu comment il faut peindre?

Sais-tu comment il faut éprouver?

Sais-tu comment il faut demander

Sais-tu comment il faut sacrifier?

Sais-tu comment il faut offrir?

Sais-tu comment il faut immoler?

 

145. Mieux vaut ne pas demander

Que trop sacrifier.

Qu'il y' avait toujours récompense pour don.

Mieux vaut ne pas offrir

Que trop immoler.

Voilà ce que Odin grava

Avant les origines de l'humanité;

Là, il ressuscita

Quand il revient.

 

146. Ces charmes je sais

Que ne sait femme de prince

Ni fils d'homme

L'un s'appelle Aide

Et il t'aidera

Dans les procès et les chagrins

Et les dures détresses.

 

147. J'en sais un second

Dont ont besoin les fils des hommes,

Ceux qui veulent être mires.

 

148. J'en sais un troisième :

Si je suis en pressant besoin

De mettre à mal mes ennemis,

J'émousse le fil des épées

De mes adversaires.

Ne mordent plus leurs armes ni leurs engins.

 

149. J'en sais un quatrième :

Si les guerriers me mettent

Liens à jambes et bras,

J'incante de telle sorte

Que je vais où je veux,

Fers me tombent des pieds

Et lien des bras.

 

150. J'en sais un cinquième :

Si, par vilenie, l'on m'envoie

Un tait volant parmi le peuple,

Il ne va pas si impétueusement

Que je ne puisse l'arrêter

Si je viens à le voir.

 

151 J'en sais un sixième :

Un homme me navre-t-il

D'une racine de bois pleins de sève

Cet homme

Qui me voue au malheur,

Les maux le consument plutôt que moi.

 

152. J'en sais un septième :

Si je vois la haute flamme

Ardre la salle parmi les compagnons de banc,

Elle ne brûle pas si vaste

Que je ne puisse me préserver.

Tel est le charme que je chante.

 

153. J'en sais un huitième

Qui à tous est

Profitable à prendre :

Où que s'enfle la haine

Parmi les fils du chef,

Je peux l'apaiser promptement.

 

154. J'en sais un neuvième :

Si le besoin me presse

De sauver mon navire en mer dérivant,

Je calme le vent

Sur la vague de la tempête

Et mets toute la mer en repos.

 

155. J'en sais un dixième :

Si je vois des sorcières

Chevaucher par les airs,

Je fais de telle sorte

Qu'elles s'égarent

Sans retrouver leu propre peau

Sans retrouver leur propre esprit.

 

156. J'en sais un onzième :

Si je dois à la bataille

Mener mes amis de toujours

Je hurle contre ma targe

Et eux, pleins de force, s'élancent

Sains et saufs à l'assaut,

Sains et saufs en repartent;

Sains et saufs en reviennent.

 

157. J'en sais un douzième :

Si je vois sur la potence

Osciller un cadavre de pendu,

Je sais graver de telle sorte

Et peindre les runes

Que cet homme revient à soi

Et m'adresse la parole.

 

158. J'en sais un treizième :

Si je dois sur un jeune homme

Verser l'eau lustrale,

Il ne périra pas, Irait-il au combat

Les épées ne le réduiront pas.

 

159. J'en sais un quatorzième :

S'il faut que devant les hommes

J'énumère les Dieux

Des Ases et des Alfes

Je sais toute chose;

Peu de sages le savent.

 

160. J'en sais un quinzième :

Que le nain Thjodrorir

Chanta devant les portes de Delling :

Par ses charmes donna la force aux Ases,

Aux Alfes, le renom

La clairvoyance à Odin.

 

161. J'en sais un seizième :

Si de la femme sage

Je veux obtenir amour et liesse,

Je tourne la tête

De la femme aux bras blancs

Et bouleverse tout son coeur.

 

162 J'en sais un dix-septième : .. .... .... .... ... ...

Qu'elle aura peine à m'éviter La juvénile vierge.

 

163. Ces charmes Loddfafnir,

Puissent-ils te servir longtemps;

Qu'ils te soient bénéfiques, si tu les suis;

Opportuns, si tu les apprends,

Utiles, si tu les acceptes. 164.

J'en sais un dix-huitième

Que jamais n'ai enseigné

A vierge ni femme d'homme -

Il vaut mieux

Qu'un seul le sache

Fin des charmes s'ensuit -

Sinon à celle-là seule

Qui me prend dans ses bras

Ainsi qu'à ma soeur.

 

165. A présent les dits du Très-Haut

Sont chantés dans la salle du Très-Haut,

Très utiles aux fils des hommes,

Inutiles aux fils des géants;

Salut à celui qui chanta!

Salut à celui qui sut!

Qu'en jouisse celui qui les apprit!

Salut à ceux qui écoutèrent!

(Traduction de Régis Boyer) 


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