PAROLES SACREES-HAVAMAL-2

 

HAVAMAL

LES DITS DU TRES HAUT

SUITE

 

76. Meurent les biens,

Meurent les parents,

Et toi, tu mourras de même;

Mais la réputation

Ne meurt jamais,

Celle que bonne l'on s'est acquise.

 

77. Meurent les biens,

Meurent les parents

Et toi, tu mourras de même;

Mais je sais une chose

Qui jamais ne meurt :

Le jugement porté sur chaque mort.

 

78. Parcs à moutons remplis

Je vis chez les fils de Fitjung

Maintenant ils portent le bâton de mendiant;

Ainsi de la richesseComme d'un clin d'oeil :

C'est la plus instable des amies.

 

79. Le sot

S'il vient à s'attribuer

Fortune ou faveur de femme,

Son orgueil s'accroit en lui

Mais sa sagacité, jamais;

Il progresse copieusement dans sa propre vanité.

 

80. Preuve est faite :

Quand tu interroges sur les Runes

Venues des Dieux,

Celles que firent les Dieux suprêmes

Et que colora le grand maître du monde

Le plus sûr est de se taire. 

 

81. C'est le soir qu'il faut louer le jour

La femme, quand elle est brûlée

L'épée, quand on l'a éprouvée,

La vierge, quand elle est mariée,

La glace, quand on la traversée,

La bière, quand elle est bue.

 

82. C'est dans le vent qu'il faut abattre l'arbre

Par bonne brise qu'il faut ramer en mer,

Dans l'obscurité qu'il faut bavarder avec la vierge :

Nombreux sont les yeux du jour;

Un bateau est fait pour cingler,

Une targe, pour protéger,

Une épée, pour les coups,

Et une vierge, pour les baisers.

 

83. Près du feu, il faut boire la bière,

Et sur la glace, glisser,

Acheter la jument maigre,

L'épée, rouillée,

Engraisser le cheval à la maison

Et le chien à la niche.

 

84. Parole de fille

Nul ne devrait croire

Ni ce que dit femme mariée

Car sur une roue tourbillonnante

Le coeur a été façonné,

Inconstance a été placée dans leur sein.

 

85. Arc fragile,

Flamme flambant,

Loup béant,

Corbeau croassant,

Porc grognant,

Arbre sans racines,

Vague montante,

Bouilloire bouillante,

 

86. Trait volant,

Vague retombante,

Glace d'une nuit,

Serpent lové,

Verbiage de mariée au lit,

Ou épée brisée,

Jeu d'ours,

Ou fils de roi,

 

87. Veau malade,

Esclave volontaire,

Belles paroles de sorcière,

Cadavre récemment tombé,

 

88. Champ tôt ensemencé :

Que nul homme ne leur fasse confiance,

Non lus que trop tôt à son fils.-

Le temps décide du champ,

Et l'esprit, du fils;

Chacun d'eux est dangereux.

 

89. Le meurtrier de son frère,

Si on le rencontre sur la route,

La maison mal brûlée,

Le cheval véloce-

Un étalon est inutile

S'il se casse une patte - ,

Qu'on ne soit pas assuré

Au point de leur faire confiance à tous.

 

90. Avoir la paix avec une femme

Dont fausseté hante le coeur,

C'est comme mener sur la glace glissante

Un étalon non ferré,

Sauvage, de deux hivers

Et mal dressé,

Ou comme croiser dans la tempête

Sur un bateau sans barre,

Ou comme, pour un boiteux, poursuivre

Une renne sur les pentes, au dégel.

 

91. Ouvertement à présent je parle-

Car je sais l'un et l'autre -

L'humeur de l'homme est changeante envers la femme :

Nous faisons les plus beaux discours

Quand nos pensées sont les plus trompeuses.

C'est là leurrer le sens des sages.

 

92. Doit bellement parler

Et offrir de l'argent

Qui veut obtenir faveur de femme,

Vanter le corps

De la jeune fille :

Qui aime est aimé en retour.

 

93. Blâmer l'amour

D'autrui,

Nul ne le devrait jamais :

Souvent s'émeut le sage

Là où l'idiot demeure indifférent

Aux couleurs désirables d'un joli visage.

 

94. En rien ne faut blâmer

Autrui

De ce qui à beaucoup arrive.

Sage devient sot :

Voilà ce que fait aux fils des hommes

L'ardent désir.

 

95. L'esprit seul sait

Ce qui gît près du coeur,

Il est seul avec son amour :

Il n'est pire peinePour tout homme sage

Que de n'être pas satisfait de soi.

 

96. J'ai éprouvé cela

Quand j'étais dans les roseaux

Attendant le délice de mon coeur;

Chair et coeur

M'était la sage vierge,

Quoique je ne l'eusse pas encore

 

97. La vierge de Billingr

Je trouvais sur le lit;

Claire comme soleil, dormant:

Délices de Jarl,

Il me sembla qu'il n'en existait pas

Auprès de vivre avec ce corps.

 

98. Mais vers le soir,

Tu viendras, Odin

Si tu veux réclamer cette femme;

Bien mauvais sort

Si ne sommes d'accord

Sur ce que nous faisons.

 

99. Je renonçai-

Il semblait qu'elle m'aimât -

A mon dur désir

Car je croyais

Que j'aurais d'elle

Tout plaisir et liesse.

 

100. Là-dessus, je revins,

Mais les intrépides

Guerriers étaient tous éveillés,

Avec torche enflammées

Et flambeaux hissés,

Ainsi étais-je en périlleuse passe.

 

101. Mais vers le petit matin,

Quand je revins encore,

Les gens de la maison étaient endormis;

Je ne trouvai qu'une chienne

Appartenant à l'excellente femme,

Au lit attachée.

 

102. Mainte excellente vierge-

Si l'on y regarde de près

Et traîtresse envers les hommes.

C'est ce que j'éprouvai

Quand j'essayai d'attirer

La rusée aux jeux d'amour.

De toute dérision

Me couvrit l'adroite femme,

Et d'elle, je n'obtins rien.

 

103. Chez soi, qu'on soit content

Et joyeux envers l'hôte,

Il faut être sage pour soi-même,

Avoir bonne mémoire, être communicatif,

Si l'on veut être savant en maintes choses.

Il faut souvent parler de bonnes choses :

Idiot énorme s'appelle

Celui qui ne sait guère parler :

C'est le propre des sots.

 

104. Au vieux géant je rendis visite :

A présent, me voici revenu;

Là, je ne pus guère garder le silence,

Maints discours

Je fis en ma faveur

Dans la salle de Suttung.

 

105. Gunnlöd me donna à boire,

Assise sur un siège d'or,

Un trait du précieux hydromel;

Sordide récompense

Je lui laissai

Pour son coeur sincère,

Pour sa profonde affection.

 

106. Par la bouche de Rati

Je me fis frayer un passage

Et ronger le rocher;

Par-dessus et par-dessous

Passaient les routes des géants

Ainsi risquai-je ma tête.

 

107. De la belle bien acquise

J'ai bien joui

Peu de choses manquent au sage,

Car Odrerir

Est maintenant remonté

Jusqu'à la demeure des dieux.

 

108. Je doute

Que j'eusse pu sortir

De l'enclos des géants

Si je n'avais joui de l'amour de Gunnlöd,

L'excellente femme

Dans les bras de qui j'ai couché.

 

109. Le lendemain des noces

Les Thurses du givre allèrent

Consulter le Très-Haut;

De Bölverk ils s'enquirent,

Savoir s'il était revenu parmi les dieux

Ou si Suttung l'avait immolé

 

110. Je crois bien qu'Odin

Avait prêté serment sur l'anneau sacré,

Qui peut à sa foi se fier?

Au partir du banquet

Il a laissé Suttung frustré

Et Gunnlöd en larmes.

 

111. Il est temps d'incanter

Sur le siège du thulr

Au bord du puits d'Urd

Je vis et je me tus,

Je vis et je méditai,

J'écoutai les propos des hommes;

Des Runes, j'entendis traiter,

Point n'en celèrent les pouvoirs

A la halle du Très-Haut,

Dans la halle du Très-Haut

J'entendis ainsi parler :

 

112. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

De nuit, ne te lève pas,

A moins que tu ne sois en quête

Ou que tu cherches les cabinets.

 

113. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Entre les bras d'une magicienne

Il ne faut pas que tu dormes,

En sorte qu'elle puisse rendre roides tes jointures.

 

114. Elle fait si bien

Que tu ne te soucies plus

De thing ni de propos de roi;

De nourriture, tu ne veux plus

Ni de gaieté de personne,

Tu va plein de chagrin dormir.

 

115. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

La femme d'un autre,

Ne séduis jamais

Pour en faire ta maîtresse.

 

116. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Si l'envie te prend d'aller

Dans la montagne ou par le fjord,

Fais un bon repas.

 

117. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

A un méchant

Ne laisse jamais

Connaître tes ennuis,

Car d'un méchant

Tu ne recevras jamais

Paiement de ta bonne intention.

 

118. J'ai vu des paroles

De méchante femme

Mordre cruellement un homme :

Une langue menteuseLui coûta la vie

Encore qu'il ne fît point coupable.

 

119. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Vois-tu, si tu as un ami

En qui tu aies bien confiance,

Va le trouver souvent

Car les taillis croissent

Ainsi que l'herbe haute

Sur le chemin que nul ne foule

 

120. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Un excellent homme,

Attache-le-toi par des propos joyeux

Et apprends la clémence, tant que tu vis. 

 

121. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Avec ton ami

Ne soit jamais

Le premier à rompre;

Le chagrin dévore le coeur

Si tu n'as personne

A qui ouvrir ton âme.

 

122. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Te disputerJamais ne faut

Avec un singe malavisé

 

123. Car d'un méchant homme

Jamais tu n'obtiendras

Récompense pour tes bonnes actions,

Mais un excellent homme

Put bien te rendre

Populaire et prisé par autrui.

 

124. Fraternité d'arme il y a

Quand on dit

A un seul tout ce que l'on pense;

Tout est mieux

Que d'être de coeur malhonnête;

Qui approuve toujours, ce n'est pas un ami.

 

125. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Echanger trois mots d'insulte

Avec un plus mauvais que toi, tu ne le dois pas;

C'est souvent le meilleur qui cède

Quand le pire cherche noise.

 

126. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Cordonnier ne sois,

Ni fabricant de manche,

Si ce n'est pour ton propre usage.

Que la chaussure soit mal faite

Ou que le manche soit mauvais,

On te voudras du mal.

 

127. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Où que tu sache le malheur,

Dis-toi qu'il est pour toi,

Et ne laisse pas la paix à ton ennemi.

 

128. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Content du mal,

Ne le soit jamais

Mais réjouis-toi du bien.

 

129. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Regarder en l'air

Tu ne le dois pas dans la bataille- Pareils à des porcs

Seront les fils des hommes - ,

De peur que ton esprit ne soit ensorcelé.

 

130. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Si tu veux inviter une excellente femme

A de joyeux entretiens.

Et en retirer liesse,

Il faut faire belles promesses

Et ferme les tenir;

Nul ne se lasse de ce qui est bon.

 

131. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Prudent, je te prie d'être,

Mais point trop prudent;

Sois surtout prudent avec la bière

Et avec la femme d'autrui

Et avec cela, en troisième lieu

Que les voleurs ne te dupent pas.

 

132. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Pour objet de moquerie ou de rire

Ne prends jamais

Hôte ou voyageur.

 

133. Souvent ne savent pas bien

Ceux qui restent assis à l'intérieur

Quelles sortes de gens sont les arrivants;

Il n'est homme si excellent

Qu'il ne soit sans défaut,Ni si mauvais qu'à rien ne serve.

 

134. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Du sublime thulr

Ne ris jamais

Souvent est excellent ce que disent les anciens.

Paroles claires proviennent

Souvent des peaux ratatinées,

Celles qui pendent parmi les cuirs,

Pendillent parmi les parchemins

Et se balancent parmi les misérables.

 

135. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Ne raille pas ton hôte

Ni ne le mets à la porte,

Sois secourable au pauvre peuple.

 

136. Lourd, le loquet

Qu'il faut lever

Pour ouvrir à tout le monde;

Baille une bague à cet homme

Ou bien il fera venir

Tous les maux dans tes membres.

 

137. Nous te conseillons, Loddfafnir,

Et toi, puisses-tu apprendre de ces conseils.-

Tu en jouiras, si tu les apprends,

Ils te seront bénéfiques, si tu les suis.

Contre le beuveries de bière

Choisis la force de la terre

Car la terre guérit l'excès de bière,

Le feu, les maladies (contagieuses)

Le chêne, les constipations

L'épi, la sorcellerie

Le sureau, les querelles domestiques-

Contre frénésie, faut invoquer la lune -

L'alun, les morsures (d'insectes)

Et les Runes, le malheur,

Le sol guérit les vomissements.

 

SUITE


Pour remonter, cliquer sur les Runes

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